mardi 30 septembre 2008

Au fin fond de l'Ouzbekistan !

Publié par Vince

Avez vous deja entendu parler de la Karakalpakie ? Bon deja il faut le prononcer, et ensuite on apprend que c'est une republique a l'extreme ouest de l'Ouzbekistan, mais qui appartient tout de meme a l'Ouzbekistan. Deja ca n'est pas tres clair... Avec ca bien sur ils ont leur propre langue, le karakalpak et la on n'y comprend plus rien ! Vous vous demandez surement ce que nous sommes alles faire la bas.. et bien c'est la que se trouve la mer d'Aral, enfin ce qu'il en reste...

Direction donc Noukous puis Moynaq, a l'extreme nord est de l'Ouzbekistan..une petite ville cotiere qui vit de l'industrie de la peche.. enfin ca c'etait dans les annees 1950. C'est a peu pres a cette epoque que nos chers planificateurs sovietiques ont decide de faire exploser la production de coton en Ouzbekistan, grace a l'irrigation. Le probleme est que le coton est une culture extremement consommatrice d'eau, et que deux des plus grands fleuves alimentant la mer d'Aral ont vu leur debit diminue drastiquement.

Le resultat apres 50 ans ? Et bien notre cher ville cotiere se trouve a present a 150 km de la mer... La ville est completement desolee et la moitie des habitants est partie. On sent l'odeur de la mer, le vent typique des cotes, on voit les dunes qui menent a l'ancienne plage... mais il n'y a plus d'eau ! Juste quelques bateaux de pecheurs rouilles alignes devant la plage.. Une impression vraiment etrange.. Imaginez Saint-Malo sans la mer (Maite ne crie pas, la mer est toujours la bas !) ou Quebec sans le Saint Laurent !!  A cela vous ajoutez des tempetes de sable/sel, une pollution infernale due aux engrais chimiques utilises pour le coton et vous obtenez l'esperance de vie la plus faible de toute l'Asie Centrale. La nuit passee dans ce grand hotel de 30 chambres quasiment a l'abandon fut une experience.. interessante ! Le pire est que les planificateurs russes avaient prevu cet assechement de la mer d'Aral.. mais le coton est "la richesse de l'Ouzbekistan"..

Parlons egalement de notre trajet de retour. Moynaq => Taschkent. Un peu moins de 1000 km. Depart a 6h du matin de l'hotel pour trouver un hypothetique transport (sous la pluie en pleine nuit) afin d'avoir notre train. Un vieux bus nous est alors tombe dessus par hasard ! On aurait dit un bus fantome.. rempli de spectres. Apres 3 tours de la ville afin de le remplir (on croyait qu'on allait errer sans fin dans cette ville..) nous sommes enfin arrives a la gare la plus proche ! De la 5 heures d'attente (bien sur nous n'avions pas les bons horaires..) et depart pour Taschkent dans un train faisant Saint-Petersburg / Taschkent.. 26h de train... avec une moyenne d'un peu moins de 40 km/h ! Mais ca y est, nous sommes a Taschkent, de retour a la civilisation apres cette excursion assez deconcertante mais vraiment interessante ! 


3 commentaires:

nomadi a dit…

Quelle étape déconcertante, à vous lire ! Vous semblez presque contents de retrouver la ville ! Si la vie a telle complètement disparue des rives de la mer d'Aral, l'impression doit être digne d'un Tchernobyl... ça fait froid dans le dos.

Bonne route

Marie-Claire a dit…

Avez-vous entendu parler du livre "Voyage au pays du coton" d'Erik Orsenna. Il dénonce les lobbies aux Etats-unis, au Brésil, les conséquences au Mali ; il parle aussi de la Chine où on ne l'a pas laissé entrer, de l'Ouzbékistan...des conséquences économiques et écologiques de cette culture à outrance.

Vince a dit…

C'etait deconcertant de voir cette ville glisser doucement vers l'abandon effectivement. Mais les coins perdus dans les pays ont leurs avantages. Et puis d'autres voyageurs nous avais depeint la ville et l'hotel de facon tellement horrible qu'on a presque etait agreablement surpris :)

Pas lu le livre d'Orsenna maman. Peut etre a mon retour ou si je le trouve en anglais (je deprime,je n'ai plus rien a lire !! Vivement une librairie anglaise a Delhi !)